jeudi 27 septembre 2007

mercredi 26 septembre

je pars a tripoli voir le souq des savons et visiter un peu la ville. j´y suis déjà allé, mais je n´avais eu le droit de la voir que derrière les vitres de la voiture car la ville est à majorité sunnite...
la route est belle, elle longe la mer et la montagne. des barrages marquent l´entrée de la ville. les militaires sont très nombreux depuis les affrontements récents entre l´armée libanaise et les islamistes du camp palestinien de la ville.

flat and proud

la plus grosse pollution ici est sûrement la pollution visuelle que les publicités gigantesques et omniprésentes produisent. en plus d´une pollution visuelle, c´est une pollution intellectuelle qui touche les libanais. la derniere publicité a pour titre “flat and proud”, plate et fière de l´être. on y voit une blonde à l air occidental, aussi maigre que nos mannequins des défilés parisiens près d´un écran plat. sûrement, les jeunes libanaises iront voir leur diététicien de famille pour demander à subir un régime draconien et dangeureux pour leur santé afin d´être, elles aussi, plates et fières de l´être.

mardi 25 septembre

le climat beyrouthin me semble assez tendu aujourd hui. la premiere séance parlementaire après l´été s´ouvre aujourd´hui. les routes autour du parlement fermées, l´interdiction de stationner et le couvre feu ne me donnent pas vraiment envie de sortir. Je décide alors d´aller me réfugier a l´insttitut de beauté, de retrouver manal mon esthéticienne et mes habitudes orientales de manucure et de pédicure.
le salon grouille de femmes, tous âges et tous mileux confondus. certaines entrent pour savoir si leur manucure peut faire la journee et acceptent bien entendu de la refaire lorsque, ô surprise, l´esthéticenne affirme les sourcils froncés et les yeux tristes que non, ca ne peut pas attendre. une fillette de quinze ans sort de l´épilation pour rejoindre la table de manucure, une jeune femme blonde au sourcils bruns et foncés vient prendre rendez vous, le tout sur fond de musique française démodée. l´institut de beauté joue un rôle très important dans cette société particulière qu´est la société des femmes. plus qu´un centre de beauté, il s´agit d´un lieu de rencontre, d´échanges et de liberté de parole, un lieux oú les femmes volent des instants interdits.le récent film caramel sukkar banat, de nadine labaki nous en livre un bon aperçu.
une fois la séance levée, les routes ouvertes et le retour du trafic à la normale, je prends un micro bus pour me rendre dans le hamra, le quartier musulman de beyrouth ouest. j´ai envie de sentir l´ambiance d´un ramadan au liban, à beyrouth au moins. au contraire de tout ce que j´ai pu connaitre au caire, rien ne semble différent, les boutiques sont ouvertes ainsi que restaurants et cafés.

lundi 24 septembre

l´évènement de la journée est climatique.
après avoir passé une belle journée à me promener à broummana, le deauville libanais, beyt meri, fanar avec bachir un libanais rencontré à casablanca venu dix jours au liban seulement pour chasser, je pars faire du sport avec ma tante et sa voisine. il s´agit en fait marcher une quinzaine de minutes à l´aller, puis une autre quinzaine de minutes au retour. en effet, être piéton au liban relève parfois de l´exploit sportif, mais pas dans notre banlieue residentielle.
nous commençons donc notre marche, c´est agréable d´être témoin de leurs conversations.

puis ma tante aborde le sujet voyage-de-najla-en-taxi-depuis-beyrouth-jusqu´à-damas qui travaille tous les esprits de la famille nakhlé ces temps-ci. la voisine trouve une solution: un chauffeur qui travaille avec sa soeur depuis des années et des années, mais surtout, un chrétien. l´affaire est close, nous continuons donc sur notre lancée, jusqu´à ce que nous nous fassions surprendre par de grosses gouttes…le hall du premier immeuble que nous trouvons nous sert de refuge. d´autres personnes ont eu la même idée que nous, on discute pour faire connaissance. les funérailles d´antoine ghanem le député tué la semaine dernière dans un attentat à la voiture piégée, la hausse des prix, ces musulmans bizarres qui jeunent, le kilo de concombre désormais à 2 500 livres (1, 20 euro), la rentrée et l´été qui passe trop vite. la pluie cesse, mais tout le monde en parle encore.

dimanche 23 septembre

quand arrive le week end, les beyouthins ont pour habitude de quitter leur ville afin de chercher à la montagne la fraîcheur et le calme que beyrouth, chaude et étouffante ne peut leur offrir. la nature est généreuse au liban. les deux heures de route me permettent d´admirer les champs de banane, les oliviers plantés en escaliers, les forêts de pins, la montagne tantôt rocailleuse, tantôt recouverte d´arbres.
notre village est btaddine, une vingtaine de maisons où tout le monde se connaît et a grandi ensemble, grand-mères et grand-pères, mères et pères, filles et garçons.
la vie est rustique, simple et authentique, telle que la décrivent les nombreux poèmes de zajal que j´ai pu étudier. ce dimanche, carole monte ave son fiancé, l´évènement de la journée ainsi que des conversations de la semaine.

mardi 25 septembre 2007

samedi 22 septembre

comme convenu par internet avant mon départ, je téléphone aujourd´hui à assaad khairallah, professeur de littérature contemporaine à l´AUB (American University of Beirout). il est très bavard et très à l´aise, il est libanais. nous convenons d´un rendez-vous, nous passerons le prendre devant l´université le même jour à 18 heures pour nous rendre chez raymond jbara, ionesco de la littérature contemporaine libanaise et arabe.


carole et son amie reine nous accompagnenent, nous nous rendons à qornet chehwane chez l´auteur. sa maison est vaste, décorée avec goût, des tableaux, des photos, des meubles orientaux anciens, et des objets précieux. un petit vieux assisté par sa bonne sri-lankaise car délaissé par sa femme, folle, vêtue d´un kimono qui ressemble plus à une soutane de prêtre maronite qu´à celui d´une geisha. nous discutons théâtre, souvenirs et auteurs avec monsieur jbara qui ne semble pas au courant de son succès et de sa réputation. il fume cigarette sur cigarette qu´il peine à allumer à cause de sa paralysie. après deux bonnes heures, nous sentons qu´il est grand temps de quitter la maison pour ne pas rater le samedi soir à beyrouth.

nous arrivons dans le coeur de la nuit beyrouthine, gemmayzé. impossible de renter en voiture dans la rue principale du quartier, même la peine d´imaginer rentrer dans un bar. nous nous retranchons sur le bubble, bar branché sur le toit d´un hôtel de luxe. l´endroit est branché, les clients aussi. la vue du toit sur beyrouth et la méditerranée est splendide. nous passons quelques heures avant de rejoindre le maysoun, nouveau café-restau de notre quartier. à l´entrée des voitures de sport, des cabriolets et des gros 4x4 somt garés. à l´interieur, les murs sont en pierre, d´autres peints en rouge sur lesquels des tableaux d´art contemporain sont accrochés il y a des lustres en cristal au plafond. on y mage de la nourriture occidentale et surout américaine en y fumant un narguilé. mes yeux sont occupés à contempler le spectacle, mais les escarpins de ma voisine imprimé peau de léopard hauts de huit centimètres et aux brides vernis rouge m´inquiètent. je n´aurai même pas obligé ma barbie à en porter de tels.
la soirée se termine et nous buvons un verre de vin devant une émission musicale débile, avant de nous coucher.

vendredi 21 sepembre

le premier jour à beyrouth est toujours difficile, il s´agit non pas de s´adapter au décalage horaire qui n´est que d´une heure supplémentaire, mais de régler sa montre à la montre orientale.
il me faut alors prendre deux heures pour me réveiller, une heure pour le petit déjeuner, une autre avant de prendre la café sur la terrasse, puis encore une ou deux que les tantes venues me rendre visite les bras chargés de cadeaux s´octroient en retard. puis il faut encore prendre le temps d´attendre que la chaleur tombe avant de pouvoir sortir, et prendre le temps d´une soirée lors de laquelle j´assiste au sempiternel ballet de la famille, tantes, oncles et cousins, des nouvelles du travail de la famille, de la santé, de la france, du café, des fruits, des débats politiques qui se finissent mal, des fruits une deuxième fois et des départs apès que la maîtresse de maison ait insisté au moins trois fois pour que ses hôtes restent encore pour le dîner.

jeudi 20 septembre

après les 4o kilos de bagages transportés dans le RER, à l´aéroport, à l´enregistrement, je m´assois dans l´avion pour le premier vol qui m´emmène à Larnaca. pendant l´escale, deux libanais de mon âge m´offent un café. ils rentrent de trois mois de stage à paris et ne partagent pas mon enthousiasme à la perspective de l´arrivée à beyrouth. je les sens amers et désillusionnés à côté de mes idéaux et rêves. je souris à la vue de la côte libanaise depuis le hublot. de nuit, elle me paraît être une vitrine de la place vendôme. je souris aussi à entendre les traditionnels applaudissements destinés au pilotes après l´aterrissage réussi.
quinze minutes me suffisent pour descendre de l´avion, faire les formalités de visa et récupérer les bagages. je découvre l´efficacité libanaise tout comme ma famille qui arrive avec une demie heure de retard ne soupçonnant pas la ponctualité dont j´ai été la victime.
beyrouth ne semble pas avoir changé, il fait une chaleur de plomb, il est 23 heures.

jeudi 20 septembre 2007

nouveau départ

paris, 8h47.
après une dernière semaine parisienne passée dans les couloirs des administrations, dans les rues arborées de saint germain-des-prés, dans les cafés et les restau, avec famille et amis, ma valise est bouclée et le départ proche. je me prépare à une nouvelle année à l'étranger. après l' inoubliable expérience cairote deux ans plus tôt, damas me tend ses bras que je ne saurai refuser. trop près de beyrouth pour ne pas y aller, je passe d'abord par le liban avant de rejoindre la capitale syrienne.
le froid parisien est retombé depuis quelques jours, annonçant l'automne, la rentrée, et pire encore, l'hiver. il est temps de partir.