dimanche 18 novembre 2007

incognito

des vêtements devaient prêts au pressing aujourd'hui à 12 H. je n'ai pas eu le temps de m'y rendre à l'heure dite, à 16 heures, on frappe à la porte. un homme est debout, dans ses mains mon trench rose et ma tunique bleu, sans que je lui donne l'adresse il a trouvé. conclusion: trois françaises dans un appartement à muhajirin ne passent pas inaperçu.

samedi 17 novembre 2007

vallée de l'euphrate

les dix derniers jours d'interruption s'expliquent par un voyage dans la vallée de l'euphrate.
partis de damas, nous sommes arrivés à palmyre, où les ruines et les montagnes dansent avec l'histoire, comme nulle part ailleurs. depuis la citadelle qui domine la ville, des groupes de dizaines et de dizaines de japonais attendent le coucher du soleil, et l'applaudissent une fois disparu, eux qui viennent du pays du soleil levant. dans les tombeaux nabatéens et romains aux alentours, les couleurs sont encore intactes et la solennité du lieu conservée pour le plaisir de l'oeil surpris du visiteur. accueillis par des bédouins, nous avons passé une soirée à danser la dabké, boire du thé, tous pieds nus et transpirants, rappelant les soirées-raclette tellement l'odeur était insuportable.
puis notre programme a été bouleversé après la rencontre avec fawwaz, notre chauffeur. le château qasr al-hayr al-sharqi en plein désert laisse le visiteur dans l'incompréshion la plus totale quant aux raisons de sa construction, isolé de tout. le soleil est couché, et fawwaz nous propose de dormir chez des bédouins, le frère du frère du cousin, du grand père de sa mère, mariée avec l'oncle paternel de son père, ou quelque chose comme ça. nous nous retrouvons sous une tente non loin du lac al assad, en compagnie d'élégants bedouins, coiffés de keffié, vêtus de blazers bleu marine enfilés sur une galabiyya mystérieusement impeccablement repassée, et couverts d'une magnifique fourrure pour se protéger du froid. nous nous retrouvons à boire du thé trop sucré tout en regardant un film américain sous-titré en arabe où jean-claude vandamme détient le pemier rôle. le ciel nous fait cadeau de ses plus belles étoiles, et le soleil nous réveille dès l'aurore. après un petit déjeuner, nous partons pour le lac al assad où une citadelle du XII siècle est entourée de l'eau azur du lac.
le déjeuner sur l'euphrate dans la ville de raqqa est parfait, nous mangeons du poisson du fleuve et nous reposons.
l'arrivée à deir ez zor, est un peu difficile, une fois que nous nous rendons compte que l'hôtel que nous avions réservé n'est autre qu'un trou à rats avec salle de bain commune. nous aterrissons alors dans un hôtel de standing, après trois jours de vadrouille, de saleté, et de tranpiration.
depuis deir ez zor, nous partons à mari, le site archéologique le plus impressionant, la ville la plus vieille du monde, à dix kilomètres de la frontière iraqienne. à la gare de deir ez zor, il faut perdre une demie heure dans un bureau sale, le temps de faire enregistrer nos passeports par des fonctionnaires incompétents qui fument, boivent du thé et se donnent des airs de dictateurs. de mari, nous allons à doura europos, un autre site plus "récent" dont la citadelle domine l'euphrate. nous nous faisons une fois de plus avoir par le soleil qui se couche 16h15 et raccourci dangereusement nos journées. qu'importe, nous restons une nuit de plus dans notre hôtel de standing, pour retourner le lendemain à la gare, faire enregistrer nos passeports, pour doura europos. un bédouins nous prend en stop au retour dans un pick up, dans lequel, une heure plus tôt, des moutons devaient occuper nos places...
six heures de bus suffisent à nous ramener à damas, la capitale mondiale du klaxon.

mercredi 7 novembre 2007

la politique c'est chic

le jeudi soir, il est de coutume de fêter le week-end. les soirées entre expatriés, foisonnent dans la vieille ville et autre part. à la fin de l'une d'elles, nous partons au sérail, une des boîtes de nuit de bab touma, le quartier chrétien de la vieille ville. l'ambiance est très détendue, classe moyenne supérieure qui s'amuse. un groupe de musique relaie le dj et joue des chansons entrainantes qui donnent envie de danser. parmi celles-ci, une chanson à la gloire de la glorieuse nation arabe, une autre à la gloire du glorieux président. je me suis alors demandée si des hymnes au grand nicolas sarkozy chaufferaient les dancefloors des boîtes parisiennes, parce q'ici, ça marche...

cham palace

j'étais invitée hier soir au restaurant du fameux cham palace, l'hôtel le plus chic de damas.
l'élégance et le désuet arabes sont au rendez-vous dès le hall d'entrée coiffé d'un immense lustre en cristal. le sol en marbre brille de mille feux, on pourrait presque y organiser une compétition de patinage artistique. la végétation luxuriante couvre la marquetterie des colonnes qui soutiennent le plafond. sur les murs, dans les couloirs, des tableaux d'orientalistes sont accrochés au dessus d'une commode en bois laqué, recouverte de marquetterie fine et élégante. nous arrivons au restaurant, pareils à ali baba losqu'il à dû pénétrer dans la caverne. le restaurant est au quinzième étage, circulaire, dans la quasi-obscurité, il jouit d'une vue complète sur la ville, illuminée. la montagne qui entoure damas porte une robe recouverte diamands ce soir, les lumières de la ville. coquette, la ville a ajouté à la fontaine de diamands d'étincellants émeraudes, les minarets allumés. le restaurant tourne, et permet de faire un tour de 360 degrés de la ville, tout en étant confortablement assis dans son fauteuil. nous passons de la montagne, à la mosquée des omeyyades, à la vieille ville, à tous les quartiers sans même tourner la tête. seul le vin fin libanais risque de nous faire la tête, relayé par la mélodie grattée sur les cordes d'un oud par un musicien en costume tradtionnel. voici un endroit où il est bon de croire au mille et une nuits.

hiver

nous sommes nous aussi passés à l'heure d'hiver il y a quelques jours. seul l'ifpo a du appliquer le changement à la bonne date, mais jours après jours, les damascènes remettent leurs pendules à l'heure. les 26 degrés quotidiens ne me font pas encore ressentir la saison, seulement le soleil qui se couche à 16h30.

escapade à basra

comme tous les week-ends, nous partons samedi dernier en escapade. la destination de notre choix est cette fois-ci, basra, à la frontière jordanienne, soit quelques deux cent kilomètres au sud de damas. nous nous rendons à la gare de baramké, suivant sagement les indications du guide. arrivés à la gare, aucun des bus et microbus garés ne partent dans notre direction. il faut se rendre à une autre gare bien à l'extérieur de damas, sur la route de la jordanie. à cinq, serrés dans un taxi, nous arrivons à la gare de sumariyyé. nous prenons les tickets, et nous préparons à monter dans un bus de "luxe"...il n'y a de luxueux que le verre d'eau versée depuis un vieux bidon en plastique orange par un garçon pas très heureux de travailler dans un bus de luxe. nos tickets comportent des numéro de place, mais après un moisici, la discipline ne fait plus partie de nos repères. seulement, ce joli mot me revient à l'esprit où un homme vient me voir, je suis assise à sa place. je me demande pourquoi personne ne s'arrête au feu rouge, mais respecte le numéro de son siège dans le bus. après quelques heures de voyage, nous arrivons à basra.
il s'agit d'un énorme site archéologique. parmi les vestiges et dans les vestiges, les habitants ont établi demeure. les ruines sont nabatéennes, romaines, byzantines et islamiques. temples polythéistes et mosquées se côtoient, thermes romains et fontaines aux ablutions. le linge des habitants sèche au dessus du decamanus, l'ancienne voie romaine, et des hommes vendent des fausses pièces de toutes les époques. je suis sûre qu'en demandant avec un grand sourire, ils sortiraient une pyramide égyptienne de leur tarbouche. après plusieurs heures passées sous un soleil de plomb, entre les pierres multicentenaires, parfois multimillénaires, nous nous installons à l'ombre des arbres d'un restaurant pour déjeuner. après une nécessaire pause, nous avons rendez-vous avec l'un des chocs visuels de notre vie, le théâtre romain. immense, élevé, élevé, majestueux, difficle à décrire. un français en vacances à basra (...) noterait la petitesse et l'inélégance de son stade national et parisien à côté de cet édifice.
le soleil se couche sur la ville entourée de désert. sa lumière donne des reflets rosés et orangés à une scène antique dépourvue de projecteurs, nous rentrons à damas, chez nous.

vendredi 2 novembre 2007

homme pressé

en allant en cours, un matin, à 8h30, j'ai vu un homme courir. une serviette sous la bras, sa veste dans l'autre, il courait pour attraper un micro. l'espace de quelques secondes, certains souvenirs parisiens me sont revenus.