comme tous les week-ends, nous partons samedi dernier en escapade. la destination de notre choix est cette fois-ci, basra, à la frontière jordanienne, soit quelques deux cent kilomètres au sud de damas. nous nous rendons à la gare de baramké, suivant sagement les indications du guide. arrivés à la gare, aucun des bus et microbus garés ne partent dans notre direction. il faut se rendre à une autre gare bien à l'extérieur de damas, sur la route de la jordanie. à cinq, serrés dans un taxi, nous arrivons à la gare de sumariyyé. nous prenons les tickets, et nous préparons à monter dans un bus de "luxe"...il n'y a de luxueux que le verre d'eau versée depuis un vieux bidon en plastique orange par un garçon pas très heureux de travailler dans un bus de luxe. nos tickets comportent des numéro de place, mais après un moisici, la discipline ne fait plus partie de nos repères. seulement, ce joli mot me revient à l'esprit où un homme vient me voir, je suis assise à sa place. je me demande pourquoi personne ne s'arrête au feu rouge, mais respecte le numéro de son siège dans le bus. après quelques heures de voyage, nous arrivons à basra.
il s'agit d'un énorme site archéologique. parmi les vestiges et dans les vestiges, les habitants ont établi demeure. les ruines sont nabatéennes, romaines, byzantines et islamiques. temples polythéistes et mosquées se côtoient, thermes romains et fontaines aux ablutions. le linge des habitants sèche au dessus du decamanus, l'ancienne voie romaine, et des hommes vendent des fausses pièces de toutes les époques. je suis sûre qu'en demandant avec un grand sourire, ils sortiraient une pyramide égyptienne de leur tarbouche. après plusieurs heures passées sous un soleil de plomb, entre les pierres multicentenaires, parfois multimillénaires, nous nous installons à l'ombre des arbres d'un restaurant pour déjeuner. après une nécessaire pause, nous avons rendez-vous avec l'un des chocs visuels de notre vie, le théâtre romain. immense, élevé, élevé, majestueux, difficle à décrire. un français en vacances à basra (...) noterait la petitesse et l'inélégance de son stade national et parisien à côté de cet édifice.
le soleil se couche sur la ville entourée de désert. sa lumière donne des reflets rosés et orangés à une scène antique dépourvue de projecteurs, nous rentrons à damas, chez nous.

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