pour que le dossier de demande de carte de résidence soit complet il a fallu se rendre au dispensaire de zablatani, à l'est de damas, y faire le test du sida. le dispensaire ouvre à 9 heures. à 8 heures et demie, une foule de personnes se bouscule dans la boutique proche du dispensaire pour les photocopies du passeport, nécessaires à ce test. je regarde les passeport, la majorité sont iraqiens. en attendant que le dispensaire ouvre ses portes, la foule se presse contre les grilles, et des familles entières et nombreuses sont là. des enfants de moins de dix ans aussi. les femmes sont voilées, et les hommes portent vêtement et coiffure traditionnels.
alors que les portes ouvrent enfin, on appelle les étudiants, qui se feront piquer avec le personnel de maison, majoritairement philippin et sri lankais. deux bonnes heures s'écoulent, je suis assise dans la couloir, à attendre que l'on m'appelle pour la piqûre et à regarder le défilé des réfugiés iraqiens, des syriens venus accompagner leur bonne sri lankaise, des étudiants qui ont le même âge que moi. les infirmières sont enfin prêtes à piquer après avoir collé les photos d'identité de tous les candidats au test de la journée sur un cahier. tout le monde se précipite dans la salle minuscule alors qu'une voilée est en train de se battre avec sa manche parce que l'infirmière n'a pas encore trouvé la technique pour piquer à traver le tissu. je me fais piquer sous le regards attentif et étonné de cinq garçons. je sors, et les réfugiés iraqiens sont encore en train d'attendre, tout à été plus "rapide" parce que mon passeport est bordeaux, au contraire du leur qui est de couleur bleue.
en une matinée, le panarabisme et l'unité arabe se sont envolés, consignés dans mes livres écrits pas des intellectuels européens qui n'ont sans doute jamais fais le test du sida au dispensaire de zablatani.

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