prendre un taxi pour se rendre en iran en passant par l'iraq, c'est parfois possible.
bien sûr, on ne dit pas au chauffeur téhéran ou chiraz, mais il suffit de lui indiquer le mausolée de sayyida zaynab, à 20 kilomètres au sud de damas. à l'arrivée dans la ville, le chauffeur précise que 90% des habitants de la ville sont iraqiens, que les restau sont iraqiens, que leur langue est iraqienne, que leur façon vivre est iraqienne, bref, ils sont iraqiens. une fois l'iraq traversé, nous arrivons en iran, au mausolée de zaynab, fille de fatima, fille du prophète et d'ali. la vénérée zaynab serait enterrée ici, moi qui pensait qu'elle était au caire, après avoir visité le mausolée cairote. une fois arrivée, on me cache sous une grande abayya noire sous laquelle je dois aussi cacher mon sac à main, par pudeur. en avançant, la manche droit remonte dangereusement jusqu'au dessus du coude alors que je manque de me prendre les pieds dans la gauche. je traverse alors le cour pour aller à l'autre entrée avouer honteusement que je n'ai pas réussi à bien m'habiller...il m'ouvre alors une salle pour que je me recouvre. la visite peut alors commencer.
deux minarets encadrent une splendide couplole dorée que le soleil fait briller. au milieu de la cour, des hommes et des femmes prient, certains pleurent. nous rentrons dans la salle du mausolée, entrée des femmes. des petits miroirs couvrent les murs et feraient rougir de honte la galerie des glaces de versailles. des femmes pleurent et prient en même temps, embrassent le mausolée, puis pleurent et embrassent encore le mausolée. j'ai envie de le dire de pas être trop triste, qu'il y a un autre mausolée au caire, et que donc la vraie zaynab n'est peut-être pas dans la petite baraque qu'elles embrassent, mais je me retiens.
en sortant, nous nous promenons dans la ville où les photos du président côtoient celles de nasrallah.
l'appel à la prière se fait entendre, la nuit tombe, il est temps de rentrer à damas.

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